Excel sait calculer. Mais, il ne garde pas de mémoire. C'est ce manque de mémoire qui pose problème.
Le problème des erreurs :
Un formateur note une absence sur la mauvaise ligne. Un copier-coller efface une cellule. Deux collègues ouvrent le même fichier simultanément et l'une des modifications disparaît. Ces situations arrivent régulièrement. Ce qui est plus grave, c'est qu'elles sont presque impossibles à détecter par la suite.
Excel n'enregistre pas celui qui a modifié les données, ni quand. Si une donnée change entre la fin de la formation et le contrôle, volontairement ou par inadvertance, il n’existe aucun moyen de le prouver ni de l’infirmer. Pour un suivi présence formation, cela crée une grande vulnérabilité.
Quand ça se complique :
Sur une formation courte, avec un petit groupe, en présentiel : ça tient. Mais, dès que la situation devient un peu plus complexe, les fragilités s'accumulent :
- Sessions étalées sur plusieurs semaines : les onglets prolifèrent, les formules se cassent, les références circulaires apparaissent.
- Formations mixtes : une matinée en salle, un après-midi en distanciel, des modules en autonomie : Essayer de tout mettre dans un seul fichier sans perdre de données, c'est un pari risqué.
- Groupes importants : au-delà d'une centaine de personnes, cela peut créer des erreurs et entacher la lisibilité du dossier.
Les situations qui dérapent en audit
Ce n’est pas théorique. Lors d’un contrôle, certains organismes ont déjà été refusés pour :
- des feuilles papier scannées puis collées dans un tableur, avec des signatures manquantes ou des dates illisibles
- des heures qui ne correspondent pas aux sessions déclarées
- des fichiers renommés plusieurs fois, impossibles à reconstituer dans l'ordre
Résultat : la preuve d'assiduité formation est jugée insuffisante. Le financement peut être remis en cause. Parfois, un remboursement est demandé.
C’est là que se joue la différence entre « avoir des données » et « avoir des preuves » : en audit, seule compte ce qui est vérifiable avec des preuves concrètes à l’appui.