Une fois qu'on a accepté qu'un résultat ne dépend jamais d'une seule cause, la question devient plus concrète.
La première chose consiste à choisir les bons indicateurs avant même que la formation commence. Un organisme qui attend la fin de la session pour se demander ce qu'il va mesurer part avec un problème difficile à rattraper. Si la formation porte sur la sécurité, on regarde le nombre d'incidents ou d'accidents sur les mois qui suivent. Si elle porte sur la relation client, on peut suivre le taux de réclamations ou la satisfaction client sur la période concernée. L'indicateur doit exister avant la formation, sinon il n'y a rien à comparer.
La deuxième chose, c'est d'accepter de travailler avec des données indirectes plutôt que d'attendre une preuve parfaite. Peu d'organismes ont les moyens d'isoler l'effet exact d'une formation au milieu de tout ce qui se passe par ailleurs dans une entreprise. En revanche, un faisceau d'indices cohérent, une baisse des erreurs qui coïncide avec la formation, des retours de managers qui observent un changement concret sur le terrain, suffisent largement à démontrer une valeur réelle.
Enfin, le niveau 4 fonctionne mieux quand il s'appuie sur ce qui a déjà été mesuré au niveau 3. Si on a vérifié que les apprenants appliquent bien les bons gestes sur le terrain, il devient plus simple de relier cette observation à un résultat business, plutôt que de partir de zéro plusieurs mois après la formation. Les niveaux ne doivent pas être traités comme des cases séparées, ils se construisent les uns sur les autres.